Critique de Furiosa : une saga Mad Max

© Warner Bros.
Un film de
George Miller
Sortie
22 mai 2024
Diffusion
Cinéma

FESTIVAL DE CANNES 2024 Après le cultissime Mad Max : Fury Road, George Miller était attendu au tournant pour son retour sur la Croisette avec Furiosa : une saga Mad Max. Prenant le contre-pied total du précédent opus de manière assumée, il se veut une odyssée vengeresse s’étendant sur plus d’une décennie, centrée sur le personnage originellement incarné par Charlize Theron, qui cède sa place à Anya Taylor-Joy.

Dans un monde en déclin, la jeune Furiosa est arrachée à la Terre Verte et capturée par une horde de motards dirigée par le redoutable Dementus. Alors qu’elle tente de survivre à la Désolation, à Immortan Joe et de retrouver le chemin de chez elle, Furiosa n’a qu’une seule obsession : la vengeance.

Découpage segmenté en chapitres, références mythologiques et bibliques à foison, Furiosa est un long-métrage qui appuie frontalement le côté mythique de sa figure éponyme. George Miller avait prévenu. C’est pourtant ce caractère foncièrement ostentatoire qui rend l’œuvre séduisante : l’ouverture avec la découverte de l’oasis luxuriante et la cueillette du fruit défendu par l’héroïne marque une rupture radicale qui entérine la distinction dans l’esprit du spectateur. La narration s’étire, les scènes de conduite, toujours aussi effrénées, sont régulièrement interrompues par l’enjeu du récit, et le personnage de Furiosa devient alors le témoin de la « post-histoire » de ce monde en ruine. Ce contraste constant entre mystification de Furiosa et récit pseudo-historique s’articule avec brio autour de ses personnages principaux et des acteurs qui les interprètent. Que ce soit Anya Taylor-Joy, dont la qualité d’incarnation est à la hauteur de la figure de Furiosa, ou Chris Hemsworth, qui a enfin l’occasion de montrer sa qualité de jeu en incarnant Dementus, bourreau originel de Furiosa et personnalité politique de la Wasteland.

À la recherche du temps perdu

Le film souffre forcément de la comparaison avec Mad Max : Fury Road d’un point de vue graphique : si Fury Road est toujours un plaisir à contempler même dix ans après, grâce à la mobilisation de cascadeurs et d’effets techniques, la question se pose déjà pour Furiosa, où le choix de recourir aux VFX comme toutes les grosses productions actuelles est plus ou moins réussi. On y retrouve néanmoins les gimmicks de réalisation associés à l’univers Mad Max, qui lui confèrent une substance pop, avec des manipulations d’image rappelant l’animation en stop motion et des plans spectaculaires, à la fois irréels et foncièrement « casse-gueules ». Il en va de même pour la photographie du film, qui devra rassurer les spectateurs après une bande-annonce qui avait pu refroidir certains.

Pari risqué de par son héritage, Furiosa : une saga Mad Max ne se contente pas d’être un long-métrage dans la lignée de son prédécesseur. Miller profite des nouvelles fondations de la saga culte pour faire de nouvelles propositions. Si certains choix techniques pourront décevoir les spectateurs les plus ardus, il demeure que cette nouvelle facette de l’univers y apporte une grande richesse. Furiosa est le récit épique annoncé, comme un mythe transmis de génération en génération

4

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