Critique de Top Gun : Maverick

Un film de
Joseph Kosinski
Sortie
25 mai 2022
Diffusion
Cinéma

FESTIVAL DE CANNES 2022 – Trente-six ans après le premier volet, les avions de chasse de l’école Top Gun ont repris du service et fait cap sur la croisette. Au sommet de sa forme, Tom Cruise est de retour dans la combinaison du légèrement macho et profondément cool (voire l’inverse) Maverick. Sans le regretté Tony Scott, c’est son fils spirituel Joseph Kosinski qui se retrouve alors derrière la caméra, lui qui s’est spécialisé dans les oeuvres aux visuels toujours impressionnants (Tron : l’héritage, Oblivion) retrouve Tom Cruise pour transformer cette suite dhéritage à renouveau.

Après avoir été l’un des meilleurs pilotes de chasse de la Marine américaine pendant plus de trente ans, Pete “Maverick » Mitchell continue à repousser ses limites en tant que pilote d’essai. Il refuse de monter en grade, car cela l’obligerait à renoncer à voler. Il est chargé de former un détachement de jeunes diplômés de l’école Top Gun pour une mission spéciale qu’aucun pilote n’aurait jamais imaginée. Lors de cette mission, Maverick rencontre le lieutenant Bradley “Rooster” Bradshaw, le fils de son défunt ami, le navigateur Nick “Goose” Bradshaw. Face à un avenir incertain, hanté par ses fantômes, Maverick va devoir affronter ses pires cauchemars au cours d’une mission qui exigera les plus grands des sacrifices.

Tom Cruise : Maverick

Symbole d’une époque et de son insouciance, le premier Top Gun a plus contribué à ses acteurs et actrices qu’à l’art cinématographique. Et pourtant, ses scènes de combats aériens et sa bande-originale culte ont façonné une génération entière, qu’ils soient spectateurs et spectatrices mais également pilotes. Car si le premier film réalisé par Tony Scott est souvent critiqué (à raison) pour son faible scénario, son sexisme latent, et l’écriture plus que bancal de l’ensemble des personnages, il a ancré pour la postérité un casting d’exception dont la figure de proue est maintenant légendaire : Tom Cruise.

Depuis plusieurs années, sa carrière connait un quasi-sans faute. De plus en plus impliqué dans ses projets, il impose ses conditions, comme investi d’une mission de préservation des blockbusters « à l’ancienne » face à l’hégémonie Marvel. Et si la démarche est évidemment démagogique, cela serait bouder son plaisir que de ne pas apprécier le résultat. Dans le cas de Top Gun : Maverick, c’est l’obligation de véritables avions, et donc, manœuvres qui s’est accompagné du retour de Cruise. Car plus qu’une suite en forme d’héritage, c’est surtout une incroyable métaphore sur son acteur vedette. Légende d’une nouvelle génération de pilotes, Maverick revient, fort de sa vie extraordinaire, enseigner mais surtout démontrer sa supériorité sans égale. Difficile de ne pas voir un parallèle évident avec l’acteur qui semble, ici, être beaucoup plus en possession de son personnage par rapport au premier film.

© Paramount Pictures

Des personnages bien mieux écrits, des relations plus crédibles, mais surtout une notion de transmission beaucoup plus pertinente que dans le premier opus donnent au film ses lettres de noblesse. Car outre l’héroïsme et le patriotisme redondant, Top Gun : Maverick est bien mieux construit que son prédécesseur. D’une mission assez banale, le long-métrage, co-écrit par Christopher McQuarrie, va réussir à créer une véritable alchimie entre tous ses pilotes sans jamais tomber dans la concurrence bas de gamme et extrêmement facile. Si les personnages secondaires semblent tous s’effacer avec le temps pour laisser place à Cruise et à Miles Teller -qui interprète le fils de Goose- ils n’en sont pas moins toutes et tous définis par de vrais moments-clés et ne sont pas interchangeables, comme c’est trop souvent le cas dans le cinéma d’action américain.

Si le long métrage de Joseph Kosinski est plus marquant artistiquement, c’est techniquement qu’il terrasse. C’est assez simple : jamais dans l’histoire du cinéma il n’y a eu de telles scènes d’action. Tout est millimétré avec une précision qui frôle le chef-d’œuvre, et le montage des scènes de poursuite est si magistral qu’il faut souligner la visibilité qu’il donne à l’action qui se déploie dans la dernière partie du film. Empreint d’héroïsme constant, le film parvient malgré tout à doser parfaitement ce qu’il a à offrir, pour la beauté d’un cinéma d’action qu’il respecte profondément et qui imprègne le long-métrage.

Magistral techniquement, Top Gun : Maverick est également une surprise artistique. Car sans fioritures, son écriture s’envole pour laisser place à des personnages attachants et crédibles, bien loin de ce qui avait été fait en 1986. Véritable tour de force taillé sur mesure pour Tom Cruise, le film de Joseph Kosinski va marquer l’histoire du cinéma par sa démesure technique et sa dévotion corps et âme au divertissement. Sans doute un peu lourd sur l’héroïsme par instant, le film déploie un tel savoir-faire pour impressionner qu’on se laisse emporter malgré tout, pour vivre une expérience inégalée et taillée pour le plus grand écran possible.

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