Critique de Tony Parker : The Final Shot

Un film de
Florent Bodin
Sortie
6 janvier 2021
Diffusion
Netflix

N‘en déplaise aux amateurs de football, le documentaire consacré à TP est l’événement sportif de ce début d’année. 4 titres de champion NBA, MVP des finales NBA, champion d’Europe avec l’équipe de France : on pourrait certainement consacrer un article entier au palmarès du petit prodige, considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands sportifs français de l’histoire. Réalisé par Florent Bodin (à qui l’on doit déjà le documentaire GIMS, également sorti sur Netflix), Tony Parker : The Final Shot surfe évidemment sur la vague The Last Dance, le docu-série sur Michael Jordan. Ici, la carrière de Parker est condensée dans un documentaire d’une heure trente, avec pour fil rouge sa dernière saison aux Charlotte Hornets. Légende du basket, homme d’affaires, père de famille : qui est finalement le plus petit des grands du basket ?

Ce documentaire retrace le parcours et la carrière de Tony Parker, qui, grâce à sa détermination, est devenu l’un des plus grands joueurs de basket français.

Parker et les autres

Cette rétrospective de la carrière de Tony Parker s’articule autour de sa dernière saison NBA 2018-2019 aux Charlotte Hornets. Après 17 saisons passées dans le Texas aux Spurs de San Antonio, le meneur français a choisi de quitter son club de toujours pour tirer sa révérence. Ce choix peut paraître incompréhensible pour ses fans, mais Parker justifie sa décision : lesSpurs avaient décidé de le reléguer au rang de troisième meneur, privilégiant la jeunesse à son statut de vétéran. Ne se voyant pas terminer sa carrière au bout du banc, il a donc préféré faire ses valises pour endosser un rôle plus important dans une équipe en quête de victoires. Car si il y a bien une chose que l’on doit retenir de sa personnalité, c’est bien son amour pour le basket. Lors de la grave blessure de Parker en 2017, Florent Bodin filme avec précision la rééducation d’un athlète en manque de ballons : d’abord diagnostiqué inapte pour huit à dix mois, il reviendra sur les parquets en moins de sept. Un athlète lambda n’aurait jamais pu revenir aussi tôt, comme le raconte son grand ami Thierry Henry : «Pour moi, il y a Michael Jordan et les autres, et dans le basket français, il y a Tony Parker et les autres.»

Tony Parker : The Final Shot est ponctué de passionnantes images d’archives qui mettent en avant sa maturité, ainsi que son impressionnante intelligence de jeu, comme l’illustre parfaitement la séquence de son tir fétiche : le teardrop. Un tir en cloche à une main pour passer au-dessus des grands défenseurs «J’étais petit et frêle et il fallait bien que je trouve un moyen de shooter au-dessus des grands ».

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Un petit parmi les grands

Au fil du temps, TP a su conquérir le cœur des habitants de San Antonio, devenant une figure emblématique de la réussite de la ville sur le plan sportif, aux côtés de ses coéquipiers Tim Duncan et Manu Ginóbili avec qui il a formé un trio désormais légendaire. « J’avais peur qu’il se présente comme maire, car il aurait pu gagner au vu de sa popularité » déclare en riant Edward D. Garza, maire de San Antonio de 2001 à 2005. Si Parker a su émerveiller les fans américains, il est surtout devenu un exemple pour tous les jeunes sportifs français. Néanmoins, on aurait souhaité redécouvrir son célèbre discours de motivation à la mi-temps du match France – Espagne en 2013, car cette séquence est sûrement l’exemple parfait de ce qu’il représentait : un patron.

Mais le documentaire ne se limite pas seulement à sa carrière de joueur, car son après s’annonce déjà légendaire. Alors qu’il est encore joueur chez les Spurs, il devient le propriétaire de l’ASVEL (l’équipe de basket de Lyon-Villeurbanne en France) et reçoit l’Ordre national du mérite lors de son retour à Lyon. Florent Bodin parvient à capter avec précision l’émotion d’un joueur qui a passé sa carrière à encaisser les coups : lorsqu’on sait que Parker a toujours su ravaler ses larmes (notamment face à son coach Gregg Popovich), cette séquence n’en est que plus puissante.

The Final Shot donne également la parole aux figures marquantes de sa carrière, notamment à ses coéquipiers David Robinson, Tim Duncan, Boris Diaw, ou encore à son coach aux Spurs, Gregg Popovich. Mais aussi à d’anciens adversaires avec qui il entretiendra de grandes rivalités tout au long de sa carrière, comme Pau Gasol, l’espagnol qui le fera très souvent déjouer en équipe de France, mais aussi le regretté Kobe Bryant, célèbre joueur des Lakers : «C’est sa faute si je n’ai pas remporté plus de championnats». On regrettera cependant de retrouver des interventions déjà visibles dans le documentaire d’Alessandra Sublet (ici coproductrice), Tony Parker Confidentiel.

Tony Parker, The Final Shot est une belle réussite. Malgré une durée bien trop courte pour analyser l’intégralité de la carrière de Parker, Florent Bodin parvient à apporter une vision intéressante et relativement complète sur l’immense carrière du numéro 9. Tout aussi abordable pour les novices que pour les fans de basket, ce portrait passionnant ne tombe jamais dans une absurde glorification, nous rappelant que Parker est avant tout ce gosse fan de Michael Jordan, prêt à tout pour s’imposer parmi les grands de ce monde.

3.5
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