Critique d’Un prince à New York 2

Un film de
Craig Brewer
Sortie
5 mars 2021
Diffusion
Prime Video

Initialement prévu pour Noël 2020, Un Prince à New York 2 débarque finalement 3 mois plus tard sur Prime Video. Suite directe du film culte de John Landis, ce second volet des aventures de Akeem Joffer marque la deuxième collaboration entre Eddie Murphy et Craig Brewer après le réjouissant Dolemite is my name.

Après avoir essuyé une flopée d’échecs critiques et de nombreux flops au box-office, Eddie Murphy semble bien décidé à revenir sur le devant de la scène. L’acteur reprend un de ses rôles les plus cultes 33 ans plus tard, pour reconquérir les fans du premier film. Néanmoins l’intérêt d’un tel projet reste difficile à cerner, car il est évident qu’une suite réalisée aussi tardivement peut vite tourner à la parodie de mauvais goût.

Dans le luxuriant et pays royal du Zamunda, le nouveau roi Akeem et son fidèle confident Semmi se lancent dans une toute nouvelle aventure comique à travers le monde, en partant de leur grande nation africaine jusqu’au quartier du Queens, à New York – où tout a commencé.

Le royaume de Fort Fort Crétin

Dans les premières minutes, on entrevoit de belles espérances dans la nouveauté ; si Akeem Joffer (Eddie Murphy) devait s’acclimater à New York dans le premier film, c’est désormais à son fils de découvrir la culture du Zamunda. Mais malgré cet échange de rôles plutôt bien pensé, le film ne parvient jamais à se créer sa propre identité. Laissant de côté toute inventivité, Un Prince à New York 2 recrache les thématiques du premier film sans subtilité. Avec une paresseuse critique du patriarcat en toile de fond, Craig Brewer semble bien moins inspiré qu’avec son Dolemite is my Name et nous offre ici une mise en scène sans la moindre once de créativité et des gags à base de concours de « Qui a plus la grosse » et de flatulences d’éléphant.

Là où John Landis parvenait à traiter du véritable amour et de la place de la femme dans la société avec une touchante sincérité, Craig Brewer patauge dans un projet bien trop impersonnel pour éveiller l’intérêt de son spectateur. Alternant entre le déjà-vu et l’humour potache, cette suite semble purement opportuniste et révèle rapidement son manque d’ambition. Ce manque de créativité est également visible dans la photographie, où le Zamunda se rapproche plus d’un Wakanda fauché que du somptueux royaume que le film essaie de nous vendre : du lion enragé au simple arbuste, tout semble faux. La photographie sans saveur de Joe Williams ne parvient pas à cacher la misère d’un film qui fait rapidement pâle figure face à son prédécesseur sorti 30 ans plus tôt.

Le fantôme des gloires passées

Mais alors quid d’Eddie Murphy ? Sa seule présence dans un film relève de l’événement, il est forcément difficile de cacher notre excitation à l’idée de le retrouver à nouveau sur grand petit écran. Mais la fête va vite tourner à l’indigestion. S’il semblait avoir retrouvé son panache d’antan dans Dolemite is my Name, Eddie Murphy paraît bien moins à l’aise dans le costume d’Akeem Joffer. Malgré quelques fulgurances lors de l’incarnation de ses multiples personnages secondaires (dont l’indémodable Randy Watson), Murphy semble avoir beaucoup de mal à supporter une couronne devenue bien trop lourde pour lui…

L’acteur va même jusqu’à se mettre en retrait pour laisser place à une galerie de personnages secondaires. C’est donc avec un certain plaisir que l’on retrouve le casting du premier film, comme l’inévitable Semmi (Arsenio Hall), le roi Jaffe Joffer (James Earl Jones) ou la nouvelle reine de Zamunda, Lisa Joffer (Shari Headley). En intégrant ces nouvelles têtes, le film frôle rapidement l’overdose de personnages caricaturaux autour de Lavelle, le fils du roi Akeem Joffer, interprété par le jeune Jermaine Fowler (Superior Donuts). Un fils qui se révèle n’être qu’une copie du personnage de son père du premier film, le rendant prévisible et sans âme. Malgré tous ses défauts évidents, le film parvient à rester divertissant, notamment grâce à ses scènes musicales plutôt bien maîtrisées et à sa multitude de caméos, dont un happening final réjouissant.

Un Prince à New York 2 est loin d’être une réussite. Grossier sur tous les plans et souffrant d’un réel manque d’identité, cette suite tourne vite à la caricature. Quelques moments divertissants ainsi que la présence d’Eddie Murphy et du casting original ne parviennent pas à sauver un film sans saveur et inévitablement oubliable.

Un Prince à New York 2 est disponible depuis le 5 mars sur Prime Video.

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